L'Ardèche : une collectivité territoriale en mouvement

Le 15 janvier 1790 la France est découpée en 83 départements et un premier projet prévoyait un découpage géométrique par de simples lignes droites mais pour ne pas trop bouleverser les habitudes déjà bien mises à mal par la Révolution, leurs contours vont respecter approximativement ceux des anciennes provinces et leurs dimensions devaient permettre à un homme à cheval de rejoindre son chef-lieu en une journée au maximum.
Et dès le 7 février suivant, notre département s'est appelé Sources de la Loire, ou Pays du Vivarais (Vivarès en occitan). Mais le 6 mars suivant il a reçu le nom définitif, d'Ardèche, du nom de la rivière qui le traverse.
L'ancien Vivarais comportait 315 communes dont 10 ont été transférées au Velay et au Gard, et dans le même temps 17 ont été récupérées de l'Uzège (région d'Uzès), du Dauphiné et du Forez, portant le nouvel effectif départemental à 322 communes. Leur nombre a oscillé au gré des réformes entre 329 et 344.

Le 4 mars il avait été doté de sept districts: Privas, Annonay, Argentières (sic), Aubenas, Tournon, Vernoux, et Villeneuve-de-Berg, regroupant 37 cantons, puis le 23 août suivant leur nombre est ramené à trois : le Mézenc (chef-lieu Tournon), le Coiron (chef-lieu Aubenas) et le Tanargue (chef-lieu Joyeuse).
Enfin le 9 septembre, Privas est définitivement retenue comme chef-lieu du département.

Puis le 17 février 1800 c'est l'instauration des arrondissements, l'Ardèche en recevant trois qui ont pour chefs-lieux :
- Privas avec 10 cantons et 115 000 habitants,
- Largentière avec 10 cantons et 90 000 habitants,
- Tournon avec 11 cantons et 145 000 habitants.
Il avait été envisage, un temps, de n'en retenir que deux, Annonay et Privas, mais, en raison du peu de chemins existant alors, le premier aurait été bien isolé au nord et la préférence a donc été laissée à Tournon. Une autre idée a été de fusionner la Drôme et l'Ardèche, voire de les rattacher toutes deux à l'Isère.
De cette manière, au plan national, on pouvait imaginer de faire disparaître 40 départements et préfets (et, partant, 70 sous-préfets et une centaine de conseillers de préfecture) sans oublier une quarantaine de directions dans chacun d'eux ! De plus ce projet était complété par une réforme administrative, judiciaire et fiscale, induisant une amorce de régionalisation.

Dès 1918, et dans le but de faire des économies indispensables dues à l'état économique de la France au sortir de la guerre, un projet d'organisation régionale proposait de rattacher à Lyon les départements de l'Ain, Rhône, Loire, Ardèche, Drôme et en partie ceux de Saône-et-Loire, Haute-Loire et Isère, incluant en outre, pour l'Ardèche, les chambres de commerce d'Annonay et Aubenas (1)

Aussi par lettre du 17 mars 1920 le Ministère de l'Intérieur demande aux Préfets si leurs départements peuvent être supprimés, ainsi que les Conseils de Préfecture. M. le Préfet de l'Ardèche conclue au maintien des dispositions en cours mais, sur l'insistance du Ministre, il évoque aussi l'idée de ne maintenir que 2 sous-préfectures, Privas et Largentière et, si c'est vraiment indispensable ils pourrait même se séparer des cantons de Annonay, Serrières, Coucouron, St-Etienne-de-Lugdarès Les Vans et Bourg-St-Andéol.
Ainsi réduite à 25 cantons et à 2 arrondissements pour lesquels on retiendrait finalement Tournon et Aubenas, l'Ardèche pourrait bien alors être réunie à la Drôme.
Toutefois, dans le même temps, des élus proposent la création de nouveaux cantons comme Beaulieu, Les-Ollières, Le Teil, et la translation du chef-lieu de Thueyts à Jaujac, sans oublier le glissement de communes d'un canton à l'autre (Boucieu-le-Roi accepté, Saint-Mélany refusé, Montselgues refusé, etc...)

Au cours de l'histoire, nombre de ces communes ont subi des modifications par
- création suite à un par découpage des communes existantes,
- suppression par incorporation dans une commune voisine,
- changement de nom avant 1790 (sous l'Ancien Régime) ou après pour toutes sortes de raisons y compris pour apporter une précision géographique
- et, pendant la Terreur, les communes dont les noms faisaient référence à la Religion ou la Royauté ont dû aussi changer leurs noms puis les retrouver, après la Révolution, sur décret de Louis XVIII (2). Par exemple Saint-Michel-d'Aurance s'est appelée Rancevallon, et Boucieu-le-Roi était devenue Boucieu-le-Doux.

L'Ardèche était aussi répartie, très inégalement, sur cinq diocèses catholiques distincts: Le Puy, Mende, Valence, Vienne et Viviers. A cette même époque une trentaine de paroisses ont été rapatriées des départements voisins vers l'Ardèche, alors qu'une vingtaine d'autres ont quitté notre département pour la Haute-Loire

Plus récemment, le 1 er mars 2007 les cantons d'Antraigues-sur-Volane, Aubenas, Vals-les-Bains, et Villeneuve-de-Berg sont transférés de l'arrondissement de Privas vers celui de Largentière.

Puis la réforme territoriale du 17 avril 2013 jumelle les cantons par deux, et introduit une nouvelle représentation électorale faisant la place à 2 conseillers généraux pour chaque canton avec nécessairement un homme et une femme. Le nombre des cantons est donc ramené à 17.
Ce sont : Annonay (2 cantons), Aubenas (2 cantons), Berg-Helvie (Le Teil), Bourg-St-Andéol, Cévennes ardéchoises (Les Vans), Guilherand-Granges, Haut-Eyrieux (Le Cheylard), Haut-Vivarais (Lamastre), Haute-Ardèche (Thueyts), Le Pouzin, Privas, Rhône-Eyrieux (La Voulte), Sarras, Tournon et Vallon-Pont-d'Arc
Précisons que les cantons du Cheylard, Le Teil, Vallon-Pont-d'Arc et La Voulte s'étendent désormais sur deux arrondissements distincts.

Enfin, au 1er janvier 2017
* parmi les communes de l'arrondissement de Privas : St-Georges-les-Bains, Charmes-sur-Rhône, St-Pierreville, Albon-d'Ardèche et Issamoulenc sont transférées vers celui de Tournon, et Sceautres et St-Remèze vers celui de Largentière.
* et parmi les communes de l'arrondissement de Tournon : La Rochette, Borée et St-Martial sont transférées vers celui de Largentière, et St-Julien-le-Roux, Vernoux, Châteauneuf-de-Vernoux, Silhac, St-Apollinaire-de-Rias, St-Jean-Chambre, Chalencon, St-Maurice-en-Chalencon vers celui de Privas.


(1) les autres régions suggérées étant centrées sur Lille, Rouen, Rennes, Nantes, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Grenoble, Dijon, Nancy, Paris, Bourges, Clermont
(2) Mais beaucoup de communes ont tardé à appliquer ce décret et, par exemple, la commune de Saint-Martin-d'Ablois (Seine-et-Marne) , devenue Ablois sous la Révolution, n'a retrouvé son nom d'origine qu'en 1952 (source Wikipedia).


 

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